Carnet de route

Les chemins de la verticale : direction "Les Terradets"

Le 22/11/2010 par Bernard Garces

Des parois mythiques, un site à couper le souffle et aussi beaucoup de bons souvenirs. La paroi de Bagasses, la Roca Regina, Montrebei sont les grandes voies d’escalade de Catalogne. Christian Ravier me fit découvrir, voici quelques années, lors de mes formations diverses et variées, ces fabuleux endroits ; à propos, Christian plus de buril dans la Gali-Molero à la Roca Regina !

Avec mes amis cafistes, Fred, Didier et Vincent nous voilà partis pour une aventure de 4 jours de grimpe.

Jeudi 11 novembre, rendez-vous chez moi. Nous nous entassons dans ma voiture, direction la Catalogne. Arrivés à Celler, célèbre gare-refuge, nous nous précipitons vers la paroi des Bagasses, pour une mise en jambes, dans la voie nommée Super Tremp, haute de 280 mètres. Itinéraire sympa qui nécessitera quelques coinceurs et friends (neufs s’il vous plait ! merci monsieur ou madame la trésorière). Retour par la vire, pour regagner le refuge où le premier moment de convivialité, autour d’un verre, clôture notre première journée.

Le lendemain sera le jour phare de notre épopée catalane. Depuis quelque temps déjà, je m’étais fixé l’objectif : « la Cade » dans son intégralité et découvrir, enfin, le troisième tiers de cette célèbre voie qui fait tout de même 580 mètres !

Il faudra partir tôt, malgré les brumes matinales et une certaine fraicheur, 4°C à 9 heures du matin ! La journée s’annonce néanmoins belle et ensoleillée.

Go ! Les 2 cordées se forment, le matos est vérifié et l’enthousiasme est là pour arriver au sommet. Pour Vincent c'est sa premier grande et longue course, mais le bougre a le moral et la volonté. Au pied de la voie nos regards scrutent cette fantastique masse qui se présente devant nous. Go ! C’est parti ! Les premières longueurs sont une mise en bouche. Bientôt, les premiers rayons de soleil viennent nous caresser et nous réchauffer au point que nous devons retirer une couche. L’aspect de la paroi nous rend admiratifs. Mes pensées se tournent, alors, vers ces aventuriers du passé qui, avec des moyens de progression rudimentaires, parfois, ont gravi quelques lignes qui restent encore des références. Le rocher est patiné, mais de qualité,  sculpté pour poser des coinceurs et des friends. L’escalade emprunte globalement la ligne de faiblesse de la paroi. En cette période de l’année, que la montagne est belle ! Ces couleurs d’automne, dans ce cadre, nous offrent un spectacle extraordinaire que la plume, du moins la mienne, ne peut traduire tellement c’est beau ! Le sourire de l’équipe témoigne du plaisir de grimper dans de si bonnes conditions.

Les cordées progressent à un bon rythme jusqu’à la 8ème longueur où le passage en Ae ou 6c, en libre, mérite un peu de réflexion ; l’ascension effectivement est plus délicate. Un vide immense se creuse sous nos pas. Fred, mon ami, passe le premier et après un peu de bataille le pas est franchi. La longueur suivante, un mur de toute beauté, semi équipé, mais facile à protéger, nous comble de bonheur. Un regard vers le bas nous permet d’admirer l’eau verte de la Noguera Pallaresa qui caresse le pied de la paroi. C’est haut ! Nous voilà à la « Feixa ». Super, la partie supérieure nous attend et je sens bien que cette fois-ci, nous arriverons à  gravir l’intégralité de la voie. Nous escaladons sur un rocher magnifique, un mélange d’ocre, de jaune et de gris ; bref que du bonheur ! Le secteur nommé el « muro » est proche, 40 mètres en V+ que les 4 lézards franchiront avec tout de même les premiers signes de fatigue. Mais les dernières longueurs sont là et notre motivation est intacte pour atteindre, enfin, le sommet !!! C’est gagné, un sourire de bonheur illumine nos visages. Quelques instants précieux nous permettent de profiter de cette fin de journée automnale.

Montagnes, notre joie... l’escalade, l’alpinisme... tout n'y est, pourtant, qu'effort, que souffrance, qui, malgré tout, procure du bonheur dans sa plus grande pureté. Le secret de la vie est en nous.

Reste à redescendre avant la nuit. Nous pressons le pas, trop probablement, car le rappel de 50 mètres, qui doit nous déposer sur la vire, reste introuvable. Nous éprouvons un peu d’angoisse. C’était sans compter sur la bonne lecture du terrain par Didier qui, après cette frayeur, nous propose 2 rappels plus courts qui nous déposent sur la vire. Ouf, le bivouac est évité !

Quel plaisir, incommensurable, d’avoir joué les araignées par cette belle journée d’automne.

 

Enfin, méritée, la traditionnelle bière, sur notre rustique table en bois aura un goût que vous découvrirez en participant à la prochaine collective.

Merci mes amis







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