Carnet de route

Nice, sa Baie des Anges, ses palmiers et... sa Transvésubienne !

Le 21/05/2011 par Bruno Calvino

C'est une aventure un peu folle que cette Transvésubienne : un parcours mythique qui relie la station de ski de La Colmiane, située aux portes du Mercantour, à « Nissa la Bella ». Au menu : pas moins de 3300 m de D+, 4800 m de D-, et 86 km. Réputée comme l'une des courses de VTT les plus dures du monde, elle n'est comparable à aucune autre, de par son tracé hors norme et l'extrême technicité de ses sentiers, en descente comme en montée. De l'avis du champion olympique Julien Absalon, c'est la course la plus difficile qu'il ait faite ! 8ème en 2009, à plus de 45 min de Nino Schurter, son rival suisse. Ca promet pour les 850 gladiateurs du jour.

Dimanche 30 mai 2010, 6h du matin. La pression monte ! Briefing, derniers réglages, derniers choix de matos et vêtements, dernière étude du parcours. La petite station est en effervescence. L'expérience de plusieurs grandes traversées aidant (TMB, GTJ, Queyras...), le moral est excellent, mais la préparation pas vraiment comme souhaitée. En fait, elle s'est même résumée à un simple raid de ski-alpinisme un mois plus tôt, complétée d'un week-end Ardiden-Chanchou, et d'une pseudo préparation lors de la fête du club... à VTT tout de même. Objectif du jour : être "finisher". Avec + de 50% de perte, il n'y a pas de quoi faire le fier face à une première Transvé. Mon ami Yannick, venu tout droit de Norvège pour l'occasion, est lui, beaucoup mieux préparé. Il s'est même inscrit dans la catégorie "Performers".

6h30, le départ est donné ! Rapidement, c'est une grosse montée, qui pour certains, se fait déjà à pied, histoire de ne pas se cramer dès le début. Je suis plutôt en jambes dès les premiers tours de roue, si bien qu'après une quinzaine de km, me voilà dans le premier tiers, ayant rattrapé quelques "Performers", partis 15 min avant moi. Crêtes et singles en balcon offrent un paysage de toute beauté. Quelques névés subsistent ça et là, mais c'est l'adhérence plutôt hasardeuse sur des dalles calcaires humidifiées par la pluie fine de la veille qui demeure le plus délicat à gérer. Avec un HighRoller devant je limite la casse, tandis que le Larsen TT, friand de sec, fait des siennes durant les 2 premières heures. Le 1er ravito passé, j'enchaîne sur un joli salto dans les gros blocs de la descente du col d'Andrion. Casse limitée, seul le compteur est KO. Puis ça défile : Brec d'Utelle (+200m, quasi exclusivement de portage !), Madonne d'Utelle (+300m), Pont de Cros (-1000m).

Après 6h et près de 50km de course, ça se gâte sérieusement : juste avant la bavante la plus redoutée de la journée (+700m, un supplice abominable de presque 2h), le ravito eau attendu n'est pas au rendez-vous. Par dessus tout, j'ai perdu beaucoup de temps dans la dernière descente... avec du portage et une nouvelle chute (un saut de muret qui s'est terminé 1m50 plus bas... dans les ronces). Roulant en semi-rigide, caillasse et gros blocs ne sont pas trop à mon goût ! Résultat, 1h de retard sur mon prévisionnel. 30min de plus, et c'est le hors-course au prochain ravito. Le moment est venu de tout lâcher sur la descente roulante qui précède R3 (3ème ravito), mais malgré l'effort et des pointes à 45-50km/h, mon retard est désormais de 7min. Seule option : rentrer de nouveau dans les temps pour R4, dernier point de passage chronométré avant l'arrivée. Hagards, mais pas désespérés, nous sommes quelques uns à tenter notre chance et alors que le retard s'est encore accentué de 10min, un contrôleur nous annonce comme par miracle, 5km avant R4, que le délai a été repoussé de 30min.

L'instant est à l'euphorie ! Il ne reste plus qu'à profiter du ravito à venir (sandwich camembert, cahuètes, chips, orange sanguine, chocolat, la totale quoi !) pour la dernière descente Aspremont - Nice. Après un dernier passage vertigineux que je préfère assurer en mettant pied à terre, l'entrée à Nice est un soulagement : 3km de sable et galets sur les rives du Paillon, de quoi se décontracter avec de l'eau fraîche et des franchissements de gués à souhait ! Le finish se solde par un dernier effort : la remontée d'une centaine de marches d'escalier à travers la vieille ville pour gagner les arênes de Cimiez. Ultime difficulté de cette course exceptionnelle. 12h06min après mon 1er coup de pédale, je franchis enfin la ligne d'arrivée, il est 18h50 ! Je suis 406ème. Quant à Yannick, il est lui arrivé 1h30 auparavant, à une honorable 246ème place. Epuisés, mais néanmoins exaltés par ces moments inoubliables, nous faisons partie des 418 heureux "finishers" ! Loin devant, François Bailly-Maître remporte l'épreuve en 6h16min. Dauphin de Nino Schurter en 2009, qu'il avait dépanné en lui offrant une chambre à air, il signe là une belle revanche, mais surtout un sacré exploit !







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