Carnet de route

Tour du Pic de la Gentiane : Réveil-matin, 49.3, esprit des anciens et autres cu

Le 17/05/2016 par Bernard Boutin

Départ : Laruns

Destination : Boucle autour du Pic de la Gentiane

Qui : Sortie de 3 cafistes 

Quand : 16 mai 2016

Dans une rando, le pire moment, c’est le réveil. Le réveil-matin va-t-il sonner ? Inquiétude durant la nuit, mauvais sommeil, tour et retour dans le lit. Il faut dire, que pour être 10 minutes avant 7h sur un parking de l’agglo paloise, souvent éloigné de son domicile, il s’agit de mettre le réveil à 5h, 5h30 ou 6 heures. Moi, c’est 5h30. Ce coup-ci, il ne sonne pas ! A 6h15, je bondis du lit… pour arriver tout normalement à 6h55 au parking. Comme quoi, le temps est très compressible. Essayez donc !

Oui, le pire moment de la rando, c’est bien le réveil. A coté de vous, une voix ensoleillée, et lasse, dit : « tu ne pas encore partir en montagne… ». Débat court et bref. Il n’y a pas de temps à perdre. L’horloge tourne. Dialogue de sourd. Il reste une carte à jouer : le 49.3. Traduction : C’est comme ça et pas autre chose ! Il n’y à plus rien à dire. La voie est libre. Attention, sachez qu’en droit constitutionnel, le 49.3 ne peut-être utilisé qu’une seule fois durant une session parlementaire !

Cette sortie, c’est la mienne. J’ai invité Philippe qui a invité Michel. Deux encadrants du CAF. Je n’en mène pas large. Une sortie « privée » dira l’un d’entre-eux. Je ne sais où me mettre. Je me met devant. C’est mon tracé.

Départ depuis le vieux pont sur l’Arriussé à Laruns. Celui des bergers, au-dessus de la caserne des Pompiers. Montée, très franche, dans le bois des Taillades en direction du refuge d’Arrioutort.

Philippe n’aime pas la forêt. Les montagnards, c’est souvent comme cela. Il leur faut de l’espace, de la respiration, un horizon lointain. Pour les peuples autochtones d’Asie du Sud-est, la forêt est l’endroit où se réfugie l’esprit des anciens, le jour du grand départ. Bref, la forêt est un lieu idéal pour entrer en relation avec eux. Préserver la forêt, respecter son silence. J’essaye de le convaincre. Je ne suis pas sur que cela ait marché.

Arrivée au refuge. Déjà 1000m de dénivelé avec une moyenne de 600 à l’heure. Une banane. Quelques photos.

Retour en arrière pour monter au col de Besse. Belle vue sur le cirque dominé par le Pic Montaut. Descente vers la cabane de Besse, puis le plateau de Lusque au-dessus de Goust. Déjeuner.

Michel sort du sac une zahato, gourde en peau des bergers basques. Celles de DECATHLON n’ont pas tout fait disparaitre. Tant mieux ! Reste à boire le Madiran à la régalade, sans s’en mettre partout ! Pas une mince affaire. Madiran ? Je ne sais trop mais Michel, vivant du côté de Lembeye, on peut imaginer… Sieste traditionnelle pour lui.

Passage à Goust. On devrait plutôt dire Ghost (anglais), tellement le village est fantôme : Une ferme, une masure, un gite et deux granges.

Descente sur Eaux-Chaudes par l’ancienne route. Comment les voitures arrivaient-elles à passer là ? Avant le Pont d’Enfer, un tout petit recoin, camouflé sous le rocher, est délicatement fleuri. Deux tabourets se font face à face. Une porte grillagée et un panneau « Place des Retraités » ! Sympa.

La maison adossée à la place exhibe une originale boite-aux-lettres en bois portant fièrement l’inscription « Merci facteur ». Y-a-t-on déjà pensé ? Merci facteur.

On « shunte » Eaux-Chaudes par la rive gauche. Joli passage sous les bois jusqu’à une passerelle qui conduit aux Thermes endormies. A Eaux-Chaudes, ils sont une dizaine d’habitants. La Caverne est à vendre. La vallée va perdre un accueil de grande qualité.

Descente par le « Chemin de St Jacques », le long du gave d’Ossau, vers les gorges du Hourat. Le sentier, par un méchant plaisir, zigzague entre gave et nationale, monte et descend. La route, elle, va tout droit. Les motards s’y éclatent. Vroom, vroom. Leur pratique de la montagne et la notre est bien différente. A l’arrivée, pourtant, on est tous heureux de notre sortie. A chacun sa vérité !

Passage à la Vierge du Hourat, protectrice de Laruns. Descente sur la ville. Le pont sur l’Arriussé est rejoint. Au compteur, il y aura plus de 20 kms et presque 1500m de dénivelé. Plein les pattes et… content.

 

- par Beñat

 

Le verdict du GPS (avec toutes les réserves habituelles à accorder à ces « engins ») : dénivelé 1456 m, point le plus haut 1707 m, point le plus bas : 550 m, distance parcourue 20,5 kms, 4h58 de déplacement, 7h42 de sortie, vitesse 4,1 k/h.

 

Bernard Boutin le 17 mai 2016

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