Carnet de route

Néouvielle : Vieille neige pour vieux mecs !

Le 18/04/2018 par BOUTIN Bernard

Départ : chez Louisette à Barèges pour étape au refuge de la Glère
Destination : pic du Néouvielle (3085m)
Arrivée : parking de Tournaboup/Barèges
Qui : collective de 4 du CAF de Pau et de la vallée d'Ossau
Météo : de menaçante le 16 à (trop) chaude le 17

"Vieille neige pour vieux mecs""Vieille neige", traduction française du gascon Néouvielle. Quand aux "vieux mecs", le plus vieux, c'est mézigue. Se rapproche inexorablement de la barrière des 70 ! Il souffrira un peu dans cette sortie "hors-catégorie". Les autres, à plus ou moins 60 (Michel Thomas et Patrick Sicé), ne sont pas non plus de petits jeunots. Ils démontreront que l'expérience compense largement les effets du temps qui passe.
Dernier de la troupe : Jérome Bonnemason. Un "petit jeune"remarquable de 37 ans qui fera toute la sortie avec un seul bâton. Essayez-donc de monter intégralement, sur vos skis, à la brèche de Chausenque avec un seul "pole"! Bravo Jérome qui sait largement compenser son handicap.
15h45 : départ du parking, à deux pas de chez Louisette, institution barégeoise. Ciel menaçant. Pause dans la pluie toutefois. Remontée de la vallée de la Glère. La neige recule vite. Le portage alterne avec la glisse.
Sous les pentes qui conduisent au barrage et au refuge, le brouillard nous rattrape. Atmosphère humide. Grosses gouttes sur le front. Le bruit sourd d'une avalanche envahit la vallée. Impossible de savoir où elle descend ! Instinctivement nos yeux se tournent au-dessus de nous. Accélération et espacement des effectifs (avec des gradés dans la troupe, il faut adapter la terminologie !). Dans le brouillard, le refuge se dévoile. Etape pour la nuit.
Une heureuse surprise que ce refuge. Beau bâtiment. Très propre, très bien entretenu. Un dortoir nickel avec des couvertes propres et taies d'oreillers "fraiches". Eau chaude et électricité. Remarquable. Pourtant, il est à 3 ou 4 heures de marche en hiver !
Repas inespéré : soupe de légumes (comment les carottes sont-elles montées là?). Boeuf en daube. Fromage du pays aux herbes et noix (façon cidrerie basque), dessert aux amandes. Béatrice Caucat, gardienne, fait un travail remarquable. A visiter et revisiter. 40 euros la demi-pension pour les Cafistes. Imbattable rapport qualité/prix.
5h30 : réveil au son du clairon ! (blague). 6h déjeuner généreux. Miel de la vallée. 6h45 départ alors que les tous premiers rayons du soleil caressent le massif du Néouvielle.
Progression facile sur une neige "ferme". Couteaux jusqu'au sommet de la brèche de Chausenque. Pour qui ne la connait pas, la brèche est un bel exercice en Z où l'on trace au milieu des galettes de neige qui l'ont envahie. Au moment de virer, elles ne simplifient pas la vie. Les pentes entre 35 et 40° ajoutent au charme de l'exercice. Je plante la main pour tourner ! Plus commode.
Jérome casse un couteau puis le second. Ils n'avaient que 2 ans d'âge. Il passe tout de même avec un self-contrôle rare.
Brèche atteinte : 2790m.
Dépeautage et descente vers les pentes nord de l'ancien glacier du Néouvielle. Repeautage et montée en larges virages. Plutôt sympa et tranquille après l'exercice de la brèche.
Sous le sommet, la progression se complique. Les derniers mètres sont impossible à parcourir à ski. Crampons, piolet et c'est parti pour tracer dans une neige qui s'enfonce bien volontiers. Court couloir terminal demandant attention et l'exigu sommet est atteint (11h25). Pas place pour une collective de 12 ! Photo session. Le premier 3000 à ski de Jérome. Le premier Néouvielle à ski des autres.
L'heure avance et, avec elle, la chaleur. La neige, peu stabilisée sur tout le cheminement retour, impose un "rythme": descendre le plus vite possible. "Pour la neige de printemps, c'est semaine prochaine" annonce Michel qui installe une corde pour "passer à l'ancienne"le couloir terminal. Gain de temps indiscutable.
Descente à ski, toujours sans tarder, vers la Hourquette d'Aubert. Neige de plus en plus lourde. Plein les cuisses. Sous la Hourquette, repeautage pour 35m80 de dénivelé ! Les GPS, c'est imparable... Toujours pas de pause casse-croûte. Il est 12h56. Le petit déjeuner remonte à plus de 6 heures. "On fait la pause là-bas au sapin. La pente nord est délicate. Mieux vaut la passer le plus vite possible" (à nouveau). Espacement. Descente, dans une neige très sympa, pour atteindre l'objectif : un petit promontoire (2300m) en direction Dets Coubous. 13h10 : début d'une bonne demi-heure de pause bien méritée.
Retour sans difficulté particulière. Des "baleines"nous menacent sur les fortes pentes, situées sous le lac Dets Coubous. Passage espacé sans perte de temps. Traversée du pont sur le gave d'Aygues-Cluses.
Long cheminement dans la vallée conduisant au parking de Tournaboup. Entre glisse et portage. 14h45 : "The End"pour une très belle boucle de 1709m de dénivelé et 23,4 km.
A Tournaboup, les skieurs sont partis. Les touristes sont déjà là. C'est pourtant si laid. "Montez donc voir du côté du Néouvielle"...
Une sortie plébiscitée par toute de la troupe. Un grand merci à notre chef et maître Michel.
A plus sur les pentes.

- par Beñat

Le verdict :
- Point le plus bas : 1466 m (pk de Tournaboup), le plus haut : 3085 m (pic Néouvielle), dénivelé montant et descendant : 1709 m, distance parcourue : 23,4 km, durée de la sortie : 8h le deuxième jour.
- Encadrant : Michel Thomas
- Participants : Jérome Bonnemason, Patrick Sicé et Bernard Boutin

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